Crise ?

Optimisme de rigueur pour les communicants

revenir à l'accueil
C'est une tradition : en période de crise les enquêtes et autres baromètres se multiplient pour évaluer l'état des troupes. Bizarrement, celui des communicants n'est pas des plus mauvais.

OPTIMISME DE RIGUEUR pour les communicantsS’agit-il d’une posture destinée à chasser les mauvaises ondes ou à déstabiliser les concurrents ? Le dernier baromètre réalisé par le cabinet Occurrence pour l’association Communication & Entreprise, qui fédère les professionnels de la communication corporate, auprès de ses membres (agences, annonceurs, indépendants) fait état d’un moral plutôt bon, 9 communicants sur 10 se déclarant confiants quant à l’avenir. Même si cette confiance reste relative – les « tout à fait confiants » ayant atteint leur seuil le plus bas depuis 5 ans, à 25 % – la nouvelle est plutôt rassurante. D’autant que l’analyse des mots utilisés par les personnes interrogées pour définir les mois à venir confirme leurs déclarations.

OPTIMISME DE RIGUEUR pour les communicants2013, une année de révolution ?

Les mots utilisés, qu’ils soient pessimistes ou optimistes, sont majoritairement dynamiques puisque les deux tiers voient en 2013 une année de « révolution », de « mutation », « chahutée », une année de « virage »… La nouvelle n’en demeure pas moins surprenante quand l’enquête rappelle aussi que 59 % des annonceurs pronostiquent une nouvelle baisse des budgets pour 2013. Pour Jean-Luc Letouzé, président de Communication & Entreprise : « Les communicants on conscience que la crise renforce l’exigence et le rôle stratégique de la communication et entendent bien saisir cette opportunité. La profession se met en mouvement afin de s’adapter à un terrain mouvant. »

Un moral bon, mais à surveiller

Dans ce contexte le moral des agences d’événements et des prestataires, (très) loin d’être euphorique, reste relativement bon : le phénomène de crise durable ne donne pas de réactions brutales, observe l’Anaé dans son baromètre flash réalisé en mars dernier auprès de ses membres. Si les interviewés ne sont plus que 30 % à prévoir une évolution positive de leur business (vs 43 % des agences en octobre dernier), le chiffre de baisse d’activité, lui, reste stable à 30 %. Le marché reste actif comme en témoigne le bon niveau du nombre d’appels d’offres. Près de 43 % des agences considèrent que le nombre d’appels d’offres auxquels elles ont répondu est stable par rapport à la même période en 2012. Du côté des hôtels ProAct, la tendance est la même. « On sent bien que le marché a ralenti, les clients ont de moins en moins de visibilité, observe Alexandra Chatelet, Directrice des Ventes du Novotel Vaugirard. Si certains secteurs ont du mal, d’autres comme le luxe se portent toujours aussi bien. » Si le début d’année ne se caractérise pas par son dynamisme économique, la confiance reste donc de mise chez ProAct. Pas toujours pour les mêmes raisons ! Au Novotel Paris Est, c’est la perspective d’un anniversaire – les 40 ans de l’hôtel – et des offres promotionnelles mises en place pour l’occasion. À Avignon comme à Annecy ou dans tout autre ville touristique, on mise sur la complémentarité des cibles et des manifestations pour « passer le cap ». « Le mois de juin reste une période à conventions, rappelle-t-on au Novotel Annecy, même s’il faut faire avec le Festival international du film d’animation qui draine beaucoup de monde au début du mois. Lorsque l’activité ralentit sur les séminaires, nous pouvons compenser avec l’individuel. »

L'EMPLOI SE MAINTIENT

Ce n’est pas tant le niveau d’activité qui préoccupe agences et prestataires, que l’évolution de leur rentabilité et des conditions de négociations. Sans surprise celles-ci sont jugées comme relativement dures avec une échelle de valeur de 7,3 sur 10. La bonne nouvelle reste que malgré le sentiment que la crise va durer, agences et prestataires ont maintenu leurs effectifs (93 % d’entre eux déclarent n’envisager aucun licenciement dans le semestre à venir). La prudence reste toutefois de mise. D’autant que les nouvelles taxes sur l’incentive et les congrès médicaux prévues par la loi de finance devraient, elles, produire leurs effets (négatifs cette fois) qui pourrait entraîner une nouvelle baisse d’activité d’environ 10 % d’après les professionnels concernés.